La Cartographie

Cartographie de la démocratie réelle pour les municipales

Partout en France, des habitants s’organisent pour reprendre du pouvoir dans leur commune. Aujourd’hui, plus de 600 listes citoyennes et participatives existent pour les municipales.

Consultez la carte des listes citoyennes

Plus de 300 d’entre elles se sont déjà auto-référencées sur la cartographie. Cela signifie une chose : la démocratie locale est en train de redevenir une affaire d’habitants.

Mais une autre réalité existe aussi : de nombreuses listes utilisent aujourd’hui les termes “citoyen”, “participatif”, “démocratique”, sans transformer réellement la manière dont le pouvoir est exercé. Alors comment faire la différence ? Regarder les pratiques, pas les slogans.

Sur notre cartographie, vous pouvez :

  • Voir les 300 listes qui se sont déjà auto-référencées
  • Identifier les dynamiques près de chez vous
  • Contacter et rejoindre une liste locale
  • Vérifier si votre commune est déjà concernée

Si vous connaissez une liste citoyenne qui n’est pas encore référencée, vous pouvez également la proposer pour qu’elle apparaisse sur la carte. Plus de 600 listes existent aujourd’hui MAIS toutes ne sont pas encore visibles.

La boussole démocratique du réseau d’Actions communes : 6 repères pour reconnaître une démocratie réelle

Si vous souhaitez soutenir ou rejoindre une liste, posez-vous ces questions.

La véritable question démocratique ne se joue pas seulement avant le scrutin, mais surtout après.

Dans un fonctionnement classique, une fois l’élection passée, le pouvoir se concentre entre les mains de l’équipe municipale. Les habitants votent, puis délèguent. Les décisions structurantes sont prises par les élus, parfois après consultation, mais rarement dans un cadre décisionnel partagé.

À l’inverse, une démarche de démocratie réelle prévoit explicitement que les habitants continueront à décider tout au long du mandat. Cela peut passer par des référendums d’initiative citoyenne locaux, des assemblées citoyennes dotées d’un véritable pouvoir décisionnel, des budgets participatifs réellement engageants, ou d’autres dispositifs permettant un partage concret du pouvoir.

La différence est fondamentale : soit l’élection marque le retour à une verticalité classique, soit elle ouvre un cycle de co-décision permanente. La démocratie réelle ne s’arrête pas au vote, elle s’organise dans la durée.

La co-construction d’un programme n’est pas un énième atelier participatif sans application dans les décisions. Elle signifie que les orientations politiques, les priorités budgétaires et les engagements municipaux sont élaborés avec les habitants, les associations et les habitants qui s’engagent dans un processus ouvert, structuré et transparent.

Dans une logique classique, le programme est souvent rédigé par un petit noyau de personnes déjà investies politiquement, puis présenté aux habitants comme un produit fini. À l’inverse, une démarche réellement démocratique considère que l’intelligence collective du territoire est une ressource politique. Elle accepte la diversité des points de vue, les désaccords, et construit les arbitrages avec celles et ceux qui seront directement concernés par les décisions.

La différence est simple : dans un cas, on consulte pour valider. Dans l’autre, on co-décide pour construire ensemble.

La manière dont une liste choisit ses candidats dit beaucoup de sa conception du pouvoir.

Dans une logique classique, les têtes de liste et les candidats sont désignés en interne, parfois par négociation, cooptation ou décision d’un cercle restreint. Les habitants découvrent ensuite une équipe déjà constituée.

Une désignation démocratique fonctionne autrement : elle met en place des processus ouverts, transparents et égalitaires. Cela peut passer par des élections sans candidats (où les personnes sont proposées collectivement), par un tirage au sort partiel pour garantir la diversité, ou par des méthodes délibératives structurées permettant à chacun d’être légitime.

La question n’est pas seulement “qui est candidat”, mais “comment le pouvoir d’être candidat est distribué”. C’est là que se joue la cohérence démocratique.

Porter concrètement une écologie sociale et une justice sociale signifie transformer les pratiques municipales pour réduire les inégalités et réorienter les choix collectifs vers le bien commun.

Cela implique par exemple :

  • des politiques environnementales qui ne pénalisent pas les foyers plus modestes,
  • un accès équitable aux services publics,
  • une attention réelle aux conditions de vie,
  • des décisions budgétaires alignées avec des objectifs de solidarité et de transition.

À l’inverse, un discours sans transformation structurelle se limite à des déclarations d’intention, sans modifier les règles du jeu, la distribution du pouvoir ou les priorités budgétaires.

La différence tient dans les actes : est-ce que les promesses de campagnes changent réellement la vie locale, ou le vocabulaire employée est-il un trompe l’oeil ?

Une liste réellement démocratique reflète la diversité sociale de son territoire. Elle intègre des profils variés : habitants de différents quartiers, acteurs associatifs, représentants des quartiers populaires, de générations diverses et aux parcours sociaux multiples.

Une liste socialement homogène, au contraire, rassemble souvent des personnes issues de milieux similaires, partageant les mêmes réseaux, les mêmes trajectoires sociales et parfois les mêmes cercles professionnels. Même avec de bonnes intentions, cette homogénéité limite la compréhension des réalités vécues par l’ensemble des habitants.

La représentation sociale réelle n’est pas une question d’image. Elle conditionne la qualité des décisions et la capacité à gouverner pour toutes et tous.

La question de l’autonomie politique est simple : la liste est-elle réellement portée par des habitants libres dans leurs décisions, ou est-elle rattachée à un parti politique ?

Lorsqu’une liste dépend d’un parti, même si elle utilise le mot “citoyenne”, elle est souvent insérée dans une organisation plus large avec une ligne politique nationale, des stratégies électorales, des arbitrages internes et des logiques d’appareil. Cela signifie que certaines décisions locales ne peuvent pas être prises uniquement en fonction des débats entre habitants, mais doivent tenir compte d’équilibres, d’accords ou de positions fixées à un niveau supérieur.

À l’inverse, une liste réellement autonome n’a pas à “faire remonter” ses choix ni à s’aligner sur une stratégie nationale. Elle peut décider en fonction des besoins exprimés localement, expérimenter des formes de démocratie directe et adapter ses pratiques sans contrainte partisane.

La différence est donc fondamentale :

  • Dans un cas, le pouvoir local peut être limité par une structure politique extérieure qui définit le cadre.
  • Dans l’autre, la commune devient un espace d’autonomie démocratique, où les habitants peuvent réellement définir leurs propres règles et priorité.

Chaque commune peut devenir un espace d’expérimentation démocratique :
Assemblées citoyennes, décisions partagées, solidarité locale, écologie sociale. Car la démocratie réelle ne se proclame pas. Elle se pratique.

Vous êtes élu‧e‧s majoritaires ou minoritaires ? Vous êtes membre d’un collectif qui agit pour transformer la démocratie au niveau local ?