
Communiqué de presse : 159 communes remportées : deux fois plus de listes citoyennes gagnantes par rapport à 2020 !
23 mars 2026
L’issue du second tour des élections municipales 2026 marque une étape de consolidation pour les listes citoyennes et participatives (LCP). Avec 159 listes citoyennes et participatives élues en France (contre 66 en 2020, soit plus de deux fois plus), ces démarches confirment leur capacité à s’installer durablement dans le paysage politique français.
Ces 2 640 élus majoritaires bénéficient d’une légitimité forte, illustrée par un taux de participation de 64,5 % dans les communes où les listes citoyennes et participatives l’ont emporté.
Les enjeux de la transformation politique et démocratique sont énormes dans un contexte qui s’illustre par une violence sociale et politique, un environnement médiatique et politique qui s’organise autour des idées portées par la droite et l’extrême droite, la peur, une vie politique qui favorise les partis politiques, l’élitisme, parfois le clientélisme, qui disqualifie l’écologie et les femmes, et qui ne condamne pas encore assez le racisme et les discriminations. Il s’agit d’une bataille culturelle profonde qui se joue dans le temps long. Malgré ces vents contraires, près de 159 communes participatives sont élues en mars 2026, c’est plus du double par rapport à 2020 et cela est en partie lié à l’héritage des communes pionnières élues en 2020.
Ces victoires ne sont plus des exceptions, mais le signe d’une transformation de fond qui s’incarne à travers une nouveau paysage municipal de villages et des villes participatives à découvrir parmi lesquelles : Vaour, Le Bourget-du-Lac, Plessé, La Montagne, Saint-André-lez-Lille, Crest, Plaisance-du-Touch, Penne, La Roche-sur-Foron, Castanet Tolosan, Notre-Dame-des-Landes, etc.
Nous vous donnons rendez-vous jeudi 26 mars à 11h30 pour une conférence de presse en visio-conférence : https://us02web.zoom.us/s/2020202620
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Une progression nette et chiffrée avec une dynamique engagée dès le premier tour
Partout en France, plus de 700 LCP en lice pour le scrutin municipal de mars 2026 ont fait vivre le débat (19 000 candidat·es) : une mobilisation collective de proximité pleine d’inventivité pour associer les habitant·es (plébiscite, tirage au sort, assemblées citoyennes, humour, bus itinérant, etc.), des propositions et une exigence à faire de la politique autrement et pousser plus loin le défi de la parité sociale, s’attacher à remettre au coeur de la campagne les enjeux locaux et besoins des habitant·es (logement, services publics, alimentation, écologie, santé, sécurité, etc.).
Symboliquement, ces 700 listes citoyennes et participatives ont été presque deux fois plus nombreuses à candidater que les 400 listes du Rassemblement National.
Une dynamique inédite depuis 2020
Partout en France, ces 700 LCP ont porté :
- des projets locaux concrets (logement, services publics, alimentation, écologie, santé, sécurité),
- une implication directe des habitant·es,
- une volonté de renouveler les pratiques démocratiques locales,
- la promotion du débat démocratique plutôt que la violence pour dépasser les clivages.
Des exemples de réélection : Vaour (400 hab.), Penne (597 hab.), Plessé (5 281 hab.), Castanet-Tolosan (15 317 hab.), Le Bourget-du-Lac (5 077 hab.), La Montagne (6 523 hab.), Plateau-des-Petites-Roches (2 432 hab.), Plombières-les-Bains (1 571 hab.)
Les communes où des listes citoyennes ont été nouvellement élues en 2026 : Saint-André-lez-Lille (12 551 hab.), La Roche-sur-Foron (11 239 hab.), Plaisance-du-Touch (20 471 hab.), Putanges-le-Lac (2 115 hab.), Crest (8 712 hab.), Notre-Dame-des-Landes (2 335 hab.), Plonéour-Lanvern (6 400 hab.), Lans-en-Vercors (2 698 hab.)
Un héritage par delà les défaites
Dans certaines communes, les mairies sortantes s’inclinent malgré leur bonne position au second tour à Poitiers, Melle ou encore Auray.
L’emblématique Poitiers Collectif a mené un mandat municipal inspirant depuis 2020 et pionnier à bien des égards, salutaire pour la démocratie locale. Poitiers Collectif a pris des risques pendant leur mandat et pendant la campagne pour tenir une ambition de démocratie exigeante, respecter leur composante citoyenne, placer les habitant·es au cœur des décisions municipales, reconnaître le risque d’entre-soi et mettre au travail les enjeux de parité sociale en leur sein. Poitiers Collectif en tête au premier tour a décidé de fusionner avec Poitiers en Commun (PC/LFI) entre les deux tours, et perd l’élection au second tour. Il est encore trop tôt pour analyser cet échec et Poitiers demeure un exemple inspirant pour les nouvelles communes participatives élues.
Durant cette campagne, des listes, comme à Melle ou encore Briançon, ont accusé des défaites compliquées. Elles ont payé le prix de clivages sociaux et écologiques, parfois très violents, qui traversent la société.
Un ADN qui se confirme et s’affirme dans la durée
Inspirées par les expériences pionnières de 2020, mieux outillées et reliées entre elles, les listes citoyennes se sont affirmées et consolidées, majoritairement dans les communes de 1 000 à 20 000 habitant·es : 53 villages de moins de 1 000 hab, 82 petites villes entre 1 000 et 6 000 hab, 24 villes moyennes entre 6 000 et 20 000 hab.
Cette taille de petites et moyennes communes reflète la réalité de 90% des municipalités en France (< 10 000 hab.). Cette maille est précisément celle qui rend possible la démocratie de proximité avec les habitant·es, avec plus de marges d’expérimentation et un moindre poids des partis politiques et de la politique politicienne.
Elles se caractérisent notamment par :
- une représentation plus forte (et en hausse) des femmes dont 42% sont têtes de liste contre 25% dans les listes classiques. Cela va se traduire par un écart marqué avec la moyenne nationale, avec un nombre significativement plus élevé de femmes maires élues grâce aux LCP
- des dynamiques collectives construites en dehors des appartenances aux partis politiques et souvent sans leurs moyens
- la limitation de l’élitiste et de l’entre-soi par une recherche de parité sociale et l’implication de citoyen·nes parfois éloigné·es de la politique,
- des processus collectifs de construction de programme associant les habitant·es,
- la défense de la démocratie, de l’écologie et de la justice sociale
- une autre posture, d’humilité, de coopération et d’ouverture.
Leur progression repose sur un ancrage territorial et un travail collectif de long terme.

